Qu’est-ce qu’un pain vivant selon vous ?
C’est un pain qui est fait de trois éléments : l’eau, la farine et le sel. Pas de levures. On va se servir des bactéries qui sont naturellement dans le blé et qui, à une certaine température, entrent en activité, produisent du CO2 et donc fermentent. C’est ça la levure qui va permettre de créer du gaz dans la pâte. Un pain vivant, c’est aussi reprendre la filière qui est en avant, la culture de céréale, le meunier, le boulanger, c’est un pain qui a du sens.
Quelles farines utilisez-vous ?
Je suis 100% en blé ancien, j’ai 2-3 paysans qui sont à moins de trente kilomètres du fournil. Vu que les blés anciens ont un rendement inférieur aux blés bio modernes, je fais un petit peu avec le blé que je trouve, toujours en direct avec le paysan, mais des fois ça peut venir d’un peu plus loin.
Un bon pain, pour vous c’est quoi ?
C’est un pain qui a du sens, qui est bon pour le consommateur, qui fait vivre le paysan qui a cultivé les blés, qui fait vivre le meunier, le boulanger, qui est bon pour la planète, l’agriculture.
Quand vous goûtez un pain, quelle est la première chose que vous attendez gustativement ?
A trouver la typicité du blé utilisé, que son goût soit présent, pas que ce soit le sel ou l’acidité du levain qui prenne le dessus parce que la fermentation a été mal gérée ou que c’est un levain qui est dépassé. Quand on parle de pain au levain à des gens, ils ont cette image en tête d’un pain qui est dense, acide… Je pense que ma génération qui s’intéresse au pain au levain recherche autre chose.
Vous nous expliquez la fermentation longue ?
Pour faire du pain au levain, il faut minimum seize heures de fermentation, moi je suis plutôt sur un minimum de vingt heures. Ce que je cherche, c’est que le levain prédigère le gluten qu’il y a dans le blé pour le rendre plus digeste.